Actualis, soutien scolaire et formation pour adultes à Versailles

Apprendre à Enseigner

Une formation sur deux à quatre ans pour enseigner plus efficacement.

Caleb Gattegno, scientifique de l'éducation

Les mots clés...

... pour aborder la science de l'éducation de Caleb Gattegno.

Ces thèmes sont travaillés durant les formations proposées par Actualis et, dans certains stages, de manière plus approfondie.

La prise de conscience

C'est par les prises de conscience que tous, nous sommes en contact avec nous-même et avec le monde qui nous entoure. Ainsi nous « savons» marcher. Mais si nous nous cassons une jambe, vont arriver dans notre conscience avec beaucoup de force chacun des efforts musculaires que nous croyions connaître. De même nous « savons» parler français. Mais, pour l’enseigner, chaque difficulté doit arriver à notre conscience.

Une information reçue par les élèves sous forme de prise de conscience reste et fera partie de leurs acquis, alors qu’une prise de connaissance, qui a lieu quand on leur explique quelque chose, est oubliée rapidement. Provoquer chez les élèves des prises de conscience qui construiront leurs savoirs est donc l’essence même d’un enseignement subordonné aux apprentissages des élèves.

 Ces formations permettront aux participants de mieux comprendre comment les humains apprennent et partant, et de quelle manière ils peuvent modifier leur enseignement pour le rendre bien plus efficace.

La science de l'éducation

De même que l'alchimie est devenue la chimie quand il a été possible d'établir une unité de mesure, de même l'éducation peut devenir une science quand une unité de mesure est définie. Pour Caleb Gattegno, la prise de conscience est celle de la science de l’éducation. 

Dès lors, il devient possible de se poser des questions précises telles que Quelles sont les prises de conscience nécessaires pour apprendre à lire ? ou Quelles sont les prises de conscience nécessaires à l’apprentissage des fractions ? et d'en établir une liste. Faire en sorte que les élèves fassent dans l’ordre toutes les prises de conscience utiles à leur apprentissage dans la discipline enseignée permet d’économiser leur temps et leur énergie.

L'un des thèmes des formations sera une étude du rôle de la prise de conscience dans les apprentissages. Plusieurs disciplines seront examinées.

Le Moi, le psychisme et l'affectivité 

Bien que nous grandissions, que nos goûts changent et que nous sachions toujours plus au fil des jours, nous avons le sentiment d'être la même personne depuis que nous avons conscience de nous-même.

Nous travaillerons dans une psychologie de l'être humain où ce qui nous donne ce sens de stabilité prendra le nom de psychisme, alors que la partie de nous-même qui explore le monde et en prend conscience, faisant ainsi nous apprentissages, sera appelé le Moi. L'affectivité est le nom que nous donnerons à l'énergie qui nous permet d'accomplir des tâches jusqu'au bout, malgré d'éventuelles difficultés. L'affectivité fournit l'énergie de la motivation.  

Lors des formations, nous verrons comment ces trois aspects de chaque être humain fonctionnent ensemble et comment les utiliser chez nos élèves.

Nos capacités d’enfants

Les petits enfants démontrent par les prouesses accomplies durant leurs premières années — la station debout, la marche, le langage, les relations humaines et beaucoup d'autres apprentissages — qu’ils sont des apprenants hors pair. Nous avons tous été ces petits enfants…

Pendant ces formations, nous regarderons cet univers de la petite enfance de façon détaillée et verrons comment le préserver à l'école, et comment le faire re-émerger si les apprenants en ont perdu le contact. 

La subordination

Enseigner en subordonnant, c’est observer où chaque élève en est moment par moment, et construire la leçon dans l’instant en réponse aux besoins qui se révèlent au fur et à mesure que celle-ci se déroule.

Les participants auront l’occasion d’apprendre de très nombreuses techniques qui permettent d’enseigner en subordonnant, et s’entraîneront à les utiliser.

L'évaluation interactive

Pour enseigner avec efficacité, l’enseignant doit savoir ce que ses élèves possèdent déjà afin de construire à partir d’une base identifiée et stable. C'est pourquoi l'évaluation interactive prend une place considérable quand on subordonne son enseignement aux apprentissages de ses élèves.

Un point fort de cette approche pédagogique est l'évaluation interactive. Elle permet aux enseignants d’ajuster leur leçon au fur et à mesure que celle-ci avance et de faciliter le passage des obstacles rencontrés par chaque élève quand ils se révèlent. C'est un des sens de la phrase « subordonner son enseignement aux apprentissages de ses élèves ».

Préparer/postparer 

Quand il n’est pas avec ses apprenants, un enseignant doit effectuer trois sortes de préparations : préparer son cours, se préparer à faire cours et post-parer le cours qui vient d’avoir lieu.

1.     Préparer un cours, c’est maîtriser les concepts à faire apprendre, en avoir démonter toutes les articulations, tous les liens qui s'y attachent. C’est réfléchir à la hiérarchie des prises de conscience à faire faire aux élèves qui leur permettront d’acquérir ce qu’il enseigne.

2.     Se préparer à faire cours, c’est ouvrir son esprit pour accueillir chaque élève et ses erreurs. Celles-ci sont la matière brute autour de laquelle sera inventée la leçon.

3.     Postparer, c’est chercher à savoir comment il aurait été possible de mieux faire le cours qui vient d’avoir lieu : se remémorer ce que l’on a pu observer de ses élèves, savoir où ils en sont et concevoir le cours suivant en en tenant compte.

La préparation met l'accent sur ce que l’on considère que l’on doit enseigner. La postparation au contraire met l'accent sur les élèves et sur leurs apprentissages et sert de point de départ pour les cours suivants.

Se préparer à enseigner, et utiliser la postparation enlèvent le stress de l'enseignant tout en augmentant considérablement l’efficacité de son enseignement. Or, entrer en cours avec un plan de la leçon à venir empêche le plus souvent l’enseignant de développer un contact réel avec les élèves dans le feu de l’action. L’enseignant se prive alors de la joie partagée de créer le cours en relation avec ses élèves qui se réveillent et se mettent à apprendre.

La motivation

D’où vient la motivation ? De la réussite, oui, mais surtout du sentiment de plénitude, de se sentir grandi par l'apprentissage que l’on vient de faire. Nous sommes tous faits pour apprendre ; nous sommes tous curieux par nature, et c'est la curiosité qui nous motive.

Quand un enseignant sait greffer son enseignement sur les apprentissages de ses élèves, ceux-ci retrouvent la joie de l'apprentissage véritable et la motivation apparaît. Ce n'est pas de la magie, c'est simplement de l'enseignement efficace.  

Un cercle vertueux s’installe : invitation à explorer, exploration, expérimentation, découverte, sentiment de puissance, envie d'explorer de nouveau, invitation à explorer quelque chose d'autre ... et ainsi de suite. Pour mettre le processus en marche, on utilise des situations susceptibles de déclencher des prises de conscience.  

L'un des buts des formations est de fournir aux participants un grand nombre de telles « invitations à explorer » en lien avec la matière qu'ils enseignent, et surtout de leur montrer comment créer à volonté de telles situations, moment par moment, dans leurs cours. Alors les cours deviennent comme une session de jazz où les musiciens élaborent la partition au fur et à mesure dans une écoute réciproque, créative et réjouissante.

Le feed-back

Le feed-back (retour d'expérience ou d'information) est un moment où chacun examine ses propres processus d'apprentissage.

Il existe deux types de feed-back : celui dont on se sert à tout moment pendant le cours et qui est un autre nom pour l'évaluation interactive, et le feed-back réalisé à la fin d’une période de travail—une journée ou quelques jours, par exemple.
  
Le feed-back aide les élèves à devenir conscients du travail accompli et à en évaluer la qualité. Il leur permet de savoir si leurs apprentissages pourraient être plus efficaces.

Quant à l’enseignant, ces moments de feed-back lui permettent de savoir comment les élèves se sentent par rapport à leurs apprentissages—à l’aise ou en difficulté, par exemple. Il saura comment il devra travailler avec chacun et améliorera ainsi la qualité de son enseignement dans la durée.

Les voies de connaissance

Par quels chemins apprenons-nous tout ce que nous savons ? Ces chemins, que Gattegno appelait les « voies de connaissance » incluent la perception et l’action, et ce sont par elles que les jeunes enfants apprennent à connaître leur monde.

Depuis quelques siècles, l’analyse, le sens du détail, forme la base des sciences, au détriment de la synthèse. Gattegno appelle « intuition » l’union de l’analyse et de la synthèse. Le fonctionnement intuitif est alors à la fois au contact du détail et du système. C’est ce double regard qui provoque les prises de conscience.

Mais pour Gattegno, l’intuition est la voie de connaissance de l’avenir. Elle est la plus fructueuse car c’est elle qui nous permet d’étudier les questions complexes pour lesquelles nous ne pouvons pas espérer trouver des réponses simples telles que nous fournirait l’analyse. Maintenant, au vingt-et-unième siècle, il est temps de développer cette voie de connaissance qui nous ouvre une autre façon d’appréhender notre monde. Nous le ferons lors des formations.

La mémoire et la rétention

La mémorisation nous coûte cher en temps et en énergie et elle est peu fiable. Nous oublions si facilement ! Il y a certaines choses en revanche que nous retenons parfaitement. Nous reconnaissons des lieux, retrouvons notre chemin sans l’avoir mémorisé, remontons sur nos skis avec tous nos acquis, fredonnons sans problème une berceuse d’enfance.

C’est cette « rétention » qui nous permet d’avoir accès à des milliers d’images mentales de toutes sortes : d’évoquer nos amis d’enfance, la cour de l’école primaire que nous avons fréquentée, des parfums sentis des années auparavant, le goût d’un repas particulier …

Ce système fonctionne en continu, il ne coûte rien en énergie et il est très efficace.

Lors des formations, nous chercherons à savoir comment utiliser le système de rétention dans notre enseignement pour que nos élèves apprennent plus vite, sans fatigue excessive et durablement.